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FRAGMENTA SELECTA

 

ou

 

Curiosités littéraires, philologiques et linguistiques.

 

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Jucundum nihil est, nisi quod reficit varietas.

(PUBL. SYR.)

Sur la philosophie :

Louis-Sébastien MERCIER, Mon bonnet de nuit, Neuchâtel, 1784, « Dialogue entre un Philosophe et son Jardinier, paradoxe ».

« ― Vous faites des raisonnements ; c’est votre métier ; et moi, je fais venir des choux. Vous mangez de nos choux, faites-nous goûter de vos raisonnements ».

 

Sur la littérature classique et grecque en particulier :

Louis-Sébastien MERCIER, Mon bonnet de nuit, Neuchâtel, 1784, « Contre l’Homère traduit en français ».

 « Dans la langue grecque, l’Iliade à coup sûr est un poème admirable, étonnant, divin ; nous n’en doutons pas. Il est sublime anciennement parlant : eh bien ! Que les anciens reviennent l’admirer avec tout ceux qui se naturalisent grecs ; pour nous, il nous a prodigieusement ennuyés en français et en latin et nous n’avons été soutenus dans cette lecture que par la curiosité de contempler les mœurs de ces temps éloignés. […].Seulement nous interrogerons ici la conscience de ceux qui nous liront, et nous leur demanderons d’abord s’ils ont lu Homère en original, s’ils l’ont lu tout entier, s’ils l’ont lu sans ennui, s’ils l’ont lu avec beaucoup de plaisir : et ceux qui seront de bonne foi avoueront, à ce que nous imaginons, qu’Homère n’a que quelques morceaux isolés, que ses sommeils sont longs et fréquents, et que malgré ses quinze cents commentateurs et traducteurs, il est monotone, verbeux et descripteur jusqu’à la satiété ».

 

Sur le classicisme en littérature :

Louis-Sébastien MERCIER, Satyres contre Racine et Boileau, Paris, 1808.

 « Sers de modèle au monde, et n’imite personne;

L’esprit indépendant, il se désemprisonne !

II s’élève avec force, il montre avec fierté

Son droit incontestable à la célébrité ».

 

Politique et enseignement :

Louis-Sébastien MERCIER, Fragmens de politique et d’histoire, Paris, 1792, « De la partie qui enseigne ».

 « La partie qui gouverne doit respecter la partie qui enseigne, c’est-à-dire, être attentive à tout ce qui émane de ses travaux, les examiner, les suivre, et ne pas croire surtout en savoir plus qu’elle. Un État ne peut subsister sans lumières. Se rendre ennemi caché de ceux qui cherchent la vérité et qui n’ont que leur voix, les persécuter ou affecter un faux mépris pour eux, c’est afficher la crainte des moniteurs publics ; c’est avouer tacitement que les opérations de ceux qui gouvernent ne peuvent soutenir les regards de la raison ; c’est rompre l’union qui doit exister entre ceux qui cherchent à faire du bien aux hommes ».

 

Un regard paradoxal, érudit et amusant sur la vérité dans les sciences :

Louis-Sébastien MERCIER, Préface du De l’impossibilité du système astronomique de Copernic et de Newton, Paris, 1806.

 « On est plus fort par sa seule pensée que par celle d’autrui. Il y a des noms qui mystifient l’univers, et qui nous empêchent de juger les choses par nous-mêmes ».

Lire ICI une critique contemporaine de ce texte.

 

Sur Louis-Sébastien Mercier – le regard de quelques contemporains :

Etienne de SENANCOUR, « Remarques sur deux notices relatives à Louis-Sébastien Mercier », Mercure de France, mai 1814, p. 340-343.

Etienne de SENANCOUR, « Sur L.-S. Mercier », Mercure du dix-neuvième siècle, t. VI, 1824, p. 461-470.

Jugement impartial sur Louis-Sébastien Mercier, par VARROT, élève de Mercier – Paris, 1814.

Discours à l’Académie, d’Antoine MONGEZ, de l’Institut, sur Mercier à l’occasion de ses funérailles le 27 avril 1814.

 

Bibliophilie

DEZEIMERIS, Reinhold, « Vieux bouquinistes de Bordeaux (Souvenirs d’un bibliophile) », Revue Philomatique de Bordeaux et du Sud-Ouest, 1903.

« Il y a des âges, et il y a des époques où l’on a plus particulièrement plaisir à se rappeler les bonnes gens et les braves gens du temps passé ».

 

Jacques DE LACRETELLE, « Mélanges sur l’amour et les livres terminés par un envoi », dans Trébuchet, Liège, 1926, p. 33-49.

« Et ces livres que j’ai vendus afin d’être aimé, peut-être m’auraient-ils apporté, si je les avais conservés, bien plus d’amour que je n’en ai eu au cours de mes jours. Car je ne connais rien qui serve l’amour aussi bien qu’un beau livre... ».

 

Poésie

FOY, Salomon, Rires voilés. Bordeaux, Librairie Nouvelle, 1877.

« Mieux est de rire que de larmes écrire ; pour ce que rire est le propre de l’homme ». RABELAIS.

 

CASELLI, J. [Henri Cazalis], Chants populaires de l’Italie. Paris, Librairie Internationale, 1865.

« Ces poésies, il était temps de les rassembler. Le peuple les chante de moins en moins, et bientôt, je crois, comme nos poésies populaires en France, elles seront oubliées de tous. Il semble qu’un âge nouveau partout se prépare en Europe. Le peuple, cet éternel enfant, va lui aussi perdre son enfance : et toutes ces gaîtés, ces rimes légères d’insouciants oiseaux, toutes ces douces choses, nous ne les entendrons plus. On songe alors à la pensée de Pascal, que l’humanité est comme l’homme qui grandit toujours, et qui de l’enfance s’élève à la jeunesse et de la jeunesse à l’âge mûr. Maintenant, donc, pour l’humanité, après le premier et le second âge, ce serait l’âge viril des travaux sérieux et de la justice ! Quand nous voyons mourir notre jeunesse, elle est bien triste l’heure qui suit, et nos yeux, lorsqu’elle n’est plus là, parfois ne se voudraient pas rouvrir ».

 

Agronomie

Les Figuiers du Moyen-Orient et de l’Asie centrale : WARBURG, Otto, « Die gattung Ficus im nichttropischen vorderasien », dans Ign, U. / Graebner, P. (ed.), Festschrift Paul Ascherson. Leipzig, Bornträger, p. 364-370.

 

Un roman

Jacques DE LACRETELLE, Silbermann, Paris, 1920.

« ― Être juif et français, je ne crois pas qu’il y ait une condition plus favorable pour accomplir de grandes choses ».